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Essai - L'installation

 
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 Jack Herer
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 MessagePosté le: Mer 26 Sep - 15:08 (2012)    Sujet du message: Essai - L'installation Répondre en citant

Franck et sa femme, Estelle, venaient de s’installer depuis quelques jours dans leur nouvelle maison. Elle était située dans une ville campagnarde plutôt tranquille et assez reculée de toute civilisation. Les cartons étaient maintenant déballés depuis un ou deux jours, les meubles montés avec l’amour d’un couple s’aimant, jeunesse de sentiments qui ne craint pas l’avenir. Cependant, ils discutaient encore de l’emplacement des tableaux et autres décorations censés donner plus de vie à cette superbe demeure.

« Mais sérieusement, qu’est-ce que tu veux faire de ces vieux tableaux … ca ne représente strictement rien, lança Franck fatigué par l’envie de sa femme de vouloir mettre des cadres à chaque mur.
- Franck, je te l’ai déjà dit, il ne faut pas juste regarder avec ses yeux, ces tableaux sont vraiment d’une profondeur spirituelle et d’une beauté sans égale. Regarde un peu plus avec ton cœur et … »

La sonnerie du téléphone retentit, stridente et stressante, elle résonna dans toute la pièce, coupant par là même la parole à sa femme.
« Quelqu’un connait notre nouveau numéro de téléphone, mon chéri ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils. »
Franck imita son regard, il semblait surpris et pensif. Ne répondant rien, sa femme se dirigea vers le combiné et décrocha.

« Allo ! » lança-t-elle de sa voix douce et mélodieuse.

Elle n’eut malheureusement que pour seule réponse un écho sonore qu’elle fut bien incapable de définir. Quelqu’un tentait de parler au travers du téléphone, mais elle ne comprenait pas. Son interlocuteur avait une voix saccadée et hachée ; de plus, un lourd grésillement n’arrangeait en rien la qualité de la communication.


Elle demanda à son appelant de répéter car la conversation était inaudible, et elle le devenait de plus en plus. En effet, le grésillement s'accentuait au fil du temps jusqu’à laisser sa place au son familier de la tonalité. Elle raccrocha lentement tout en regardant hagard son m
ari.

« Qui était-ce ?

- Je … je ne sais pas … il y avait des parasites sur la ligne. C’est étrange, j’avais pourtant l’impression de connaître cette voix … Enfin ... bref ... je reviens chéri, je vais chercher des clous dans le garage pour accrocher le tableau. »

Elle posa ses lèvres sulfureuses sur celles de son homme, lui permettant au passage d’apprécier son nouveau parfum à l’odeur sucrée et ô combien envoutante. Franck aventura sa main sur les fesses de sa belle en l’étreignant langoureusement de l’autre. Elle lui fit un petit clin d’œil et partie en direction du garage afin de prendre les clous.

Franck lui en profita pour replacer quelques figurines dans la vitrine du salon et vider la dernière caisse de petites babioles sans importance. Il saisit la caisse vide qui était située près du meuble téléphone, lorsqu’il remarqua un câble d’alimentation non relié à une prise de courant. Il tira le câble qui trainait au sol, le tira si violemment qu’un bruit sourd le fit sursauter. Il se retourna en poussant un petit cri aigu. Baissant son regard sur le sol, il constata avec effroi que le téléphone était tombé, puis son regard se porta sur la fiche qu’il tenait en main, un long câble noir non branché au secteur, un long câble noir relié au téléphone.


Un frisson lui parcouru le corps, il pouvait sentir les poils se dresser sur chacun de ses membres. Il sentait sur son torse la force exercée par ses poils, comme si ces derniers tentaient de fuir. A cet instant précis, il ne savait plus s’il rêvait ou s’il était éveillé. Il se sentait tomber, ses jambes glisser dans un gouffre sans fond. Cruelle sensation que de tomber dans le vide, une chute sans fin vers l’inconnu.


« Chéri, j’ai trouvé les clous et … »


Sa femme refit son entrée de sa voix joviale, elle fixa un instant son tendre époux qui tenait le câble noir dans sa main droite, puis, suivit du regard ce mystérieux câble qui l’amena droit au téléphone. Elle reposa alors ses yeux sur lui et reprit lentement :

« Pourquoi as-tu débranché le téléphone ? »

Sa voix était fluette, teintée de doute et de peur. Elle craignait la réponse. Fixant les yeux désespérés et perdus de son mari, elle comprit avant même qu’il ne réponde, elle savait que le téléphone n’avait jamais été branché quand il a sonné.


« Ca doit-être la fatigue, mon cœur. Je suis fatigué enfin, je pense qu’on est fatigué tout les deux. »

La voix de Franck était calme mais cachait mal le profond malaise qui s’installa. Un courant d’air froid traversa la pièce et fit frissonner le jeune couple. Ses yeux étaient toujours dirigés vers le combiné, trônant fièrement au milieu de la pièce comme pour dire qu’il était là et que personne ne viendrait le déloger de son carré de carrelage.

Il sentit une main se poser sur son épaule et un souffle chaud s’abattre sur son cou. Le chuchotement de sa femme le rassura.


« On est tous les deux fatigué mon chéri. On fera un gros dodo ce soir. »

Il se tourna face à elle, sourit les yeux emplis d’inquiétude et de peur.

On fera un gros dodo … on fera un gros dodo … ces mots résonnèrent en lui.


Cet incident fut vite oublié après le délicieux repas du soir. Au menu, des lasagnes réalisées avec amour par une italienne de naissance, l’odeur était douce et si alléchante que Franck se surprit avec de la salive coulant hors de sa bouche, glissant malicieusement le long de ses lèvres humides  et réclamant le doux nectar fruité de ces pâtes dont la sauce rougeâtre et parfumée permettait aux boulettes de viandes de se laisser bercer au milieu des bulles d’air d’un plat qui sortait tout juste du four.


Comme promis, ils se couchèrent de bonne heure, sa femme ne prenant pas la peine de faire une vaisselle qui promettait pourtant d’être riche en grattage de plats.


Ils se couchèrent silencieusement, se souhaitant bonne nuit mutuellement après avoir éteint les deux lampes de chevet qui trônaient de part et d’autre du lit. Franck s’endormit rapidement et sans la moindre gêne. Sa femme, elle, ne trouvait pas le sommeil. La péripétie de l’après-midi la travaillait. Elle scrutait l’obscurité, pensive, évasive. Essayant de se remémorer les paroles de cette voix si étrange et lointaine. Rien que d’y penser, elle tremblait sous les draps.


Elle fixa le cadran digital de son radio réveil qui diffusait une douce lumière rouge n’éclairant pas plus loin que son oreiller. Sur le mur, des ombres semblaient danser inexorablement, leurs griffes acérées semblaient se pencher sur le lit conjugal, prêt à les poignarder pendant leur sommeil.


Elle ferma les yeux quand elle cru entendre une voix venant du rez-de-chaussée, la même que celle dans le téléphone. Elle ouvrit les yeux et sursauta. S’assit dans le lit et prêta une oreille attentive aux bruits de la maison. Un léger chuchotement incompréhensible lui parvenait, une voix lourde et lancinante qui agissait directement sur son cerveau. Elle était comme poussée à aller voir ce qu’il se passait.


Elle prit une profonde inspiration et s’extirpa du lit vêtue d’une courte chemise de nuit. Elle se dirigea vers la porte close de la chambre, jeta un dernier coup d’œil à son amour, endormi paisiblement, et ouvrit silencieusement le dernier rempart qui les séparait des démons pour le refermer de suite après. Elle était maintenant seule sur le palier, seule dans l’obscurité la plus totale. Elle tenta d’appuyer sur l’interrupteur pour allumer la lumière, malheureusement, seul un petit clic sonore fut la réponse à son initiative. La lumière ne fonctionnait pas. Elle secoua la tête nerveusement, et se cru un instant dans un de ces films de série B ou la jeune femme descend seule dans le noir après avoir entendu des bruits étranges, un appel incessant qui était maintenant devenu muet.


Elle descendit les marches en bois qui grincèrent sous son poids, crissant de douleur et de souffrance, les marches semblaient dire de ne pas aller plus loin, de ne pas tenter le diable. Mais elle continua lentement sa descente. De la lumière semblait s’échapper d’en bas, de la cuisine. Qui avait pu allumer la lumière ? Aurait-elle oublié en allant se coucher ?


Ses pieds nus glissaient sur le carrelage sans faire le moindre bruit, elle arriva donc devant la porte de la cuisine d’où s’échappait cette lumière jaunâtre. Posa sa main sur la poignée, elle prit une inspiration plus longue cette fois-ci, et ouvrit rapidement la porte.


Tout avait l’air en apparence normal. La vaisselle était posée sur le marbre de la cuisine, la table était encore couverte des miettes de pain du diner et les chiffons blancs étaient sagement adossés à la chaise de la maîtresse de maison. Par contre, les volets ne semblaient par fermés. Elle s’approcha de la fenêtre, tenta de regarder au travers de l’obscurité malsaine de la nuit et sursauta. Elle recula de trois ou quatre pas en arrière tout en poussant un petit cri de peur. Elle avait les larmes aux yeux, ses mains tremblaient sans raison. Elle avait cru voir quelque chose bouger dehors, une personne se déplacait autour de la maison. Dur d’en dire plus, il faisait tellement noir. Elle avait pourtant cru voir une ombre se mouvoir, elle avait cru apercevoir deux petites billes scintillantes briller dans la nuit : les yeux de cette ombre.


Son souffle s’accéléra et elle continuait à regarder par la fenêtre. Il n’y avait plus rien, mais elle avait senti une présence. Elle tourna sa tête tout autour de son buste, afin de vérifier que personne ne se tenait derrière elle. Pétrifiée de peur, elle était maintenant incapable d’esquisser le moindre geste, le moindre mouvement. Son corps refusait de lui obéir. Mais elle fut sortie de sa torpeur par la voix qui se manifesta à nouveau. Elle provenait de l’évier …


Elle s’approcha lentement. C’est n’importe quoi pensa-t-elle, voilà qu’un évier me parle.


« Estelle … approche, n’aies pas peur … Nous ne voulons que ton bien … »


La voix était maintenant compréhensible. Elle plaça sa tête juste au-dessus de l’évier, écoutant silencieusement les paroles qui semblaient s’y échapper. Puis, il y eu une régurgitation, comme si une personne se raclait la gorge pour enlever la masse opaque de microbes qui gênait. Puis, jaillissant du petit orifice de l’évier, une giclée de sang en sortie, la faisant tomber violemment en arrière, entrainant dans sa chute la chaise sur laquelle reposaient les chiffons.   

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 MessagePosté le: Mer 26 Sep - 15:08 (2012)    Sujet du message: Publicité

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 MessagePosté le: Mer 26 Sep - 22:07 (2012)    Sujet du message: Essai - L'installation Répondre en citant

J'ai bien aimé même si j'avais prévu ce qui allait lui arriver en s'approchant de l'évier ^^
En tout cas, c'est bien écrit et assez plaisant à lire.
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 Shinmey
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 MessagePosté le: Mer 26 Sep - 22:47 (2012)    Sujet du message: Essai - L'installation Répondre en citant

T'as la suite ? Tu vas l'écrire ? C'est en combien de "tome" ? ^^
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 MessagePosté le: Mer 26 Sep - 23:23 (2012)    Sujet du message: Essai - L'installation Répondre en citant

Merci, mais c'est un essai dans le genre ... A vrai dire, j'écris d'habitude plus des RP pour dénoncer quelque chose (je posterai cela mais le genre est souvent choquant pour les âmes sensibles).

Je rédigerai peut-être une suite, oui !
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 Rose
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 MessagePosté le: Sam 29 Sep - 16:28 (2012)    Sujet du message: Essai - L'installation Répondre en citant

Haha, ça fait effectivement très film d'horreur, c'est bien raconté !

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 Voldemort
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 MessagePosté le: Jeu 4 Oct - 20:57 (2012)    Sujet du message: Essai - L'installation Répondre en citant

La suite :)
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 MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:33 (2017)    Sujet du message: Essai - L'installation

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