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Réalité ou fiction ?

 
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 Jack Herer
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 MessagePosté le: Mer 3 Oct - 15:37 (2012)    Sujet du message: Réalité ou fiction ? Répondre en citant

Une petite ville perdue dans la campagne profonde, perdue dans cet océan de verdure, loin, très loin de la première grosse métropole du pays. La vie paisible loin du stress et de l’enfer de la civilisation moderne … loin de ces usines sombres déversant leur crachat noir plein de toxines à vous envahir le corps et à le détruire, le bouffant de l’intérieur, loin du stress condescendant qui les pousse parfois à craquer littéralement.
Non, cette ville ne suivait pas le cours normal de ce monde en perpétuel évolution. Cette ville était un endroit calme et plein de repos, les gens se saluaient le matin en se voyant, se disaient au revoir en se séparant. Quelques fêtes entre voisins le soir apportaient une dimension plus humaine à ce lieu de joie et de bonheur … un lieu si apaisant, un lieu si ressourçant, la nature était proche, le travail ne manquait pas car la ville, la vraie, le monde pur et dur, ce rouleau compresseur qui vous robotise et vous lobotomise, n’était qu’à quelques kilomètres à vol d’oiseaux.

Le quartier principal, constitué de petits maisons agréablement bâties et superbement entourées de thuyas coupés à la perfection qui encerclaient aussi des jardins fleuris et un gazon d’une herbe si verte et si impeccablement tondue que l’on ne pouvait marcher dessus sans avoir de la peine à l’idée de pouvoir abîmer ce parfum de perfection.
Le quartier des Fleuristes, tel était son nom. Superbe, non ? Un cadre idyllique au calme si reposant.
Brigitte et Jean, un couple de personnes âgés à la retraite, se plaisaient dans ce lieu, discutant avec leur voisin, prenant de leur nouvelle toujours avec le sourire …
« Qu’ils sont charmants ces deux là, disait encore Miguel à sa femme, Maria. Ils ont l’air de s’aimer encore malgré leur âge. Je trouve ca merveilleux.
- Moi aussi, dit-elle en passant sa main dans le dos de son mari, moi aussi. »
Miguel et Maria étaient aussi un couple de jeunes immigrés portugais, s’installant dans cette ville, à l’écart du stress. Un couple qui s’aimait en apparence … en apparence seulement, car Monsieur, un plombier réputé dans les villes voisines, l’était aussi pour s’occuper de la tuyauterie de femmes en détresse et en manque d’amour. Maria était une femme forte, elle avait pris du poids un peu trop vite, perdant par là même les formes si somptueuses qui avaient tant charmé Miguel. Un amour purement physique mais comment lui dire maintenant ? Alors ils vivent leur vie dans un train-train quasi quotidien, devenu tellement lassant qu’ils ne se rendent même plus compte que leur amour s’est tu, même si elle, oui, elle, aime toujours celui qui maintenant court à gauche à droite, officiellement pour s’occuper des robinets des gens … sa reconversion dans la literie semble cependant toute trouvée.

« Regarde moi ces salopards de portugais, ils nous piquent nos emplois à nos enfants qui n’ont pas de travail … de mon temps, ils ne faisaient pas tant les malins … déclara Jean en s’asseyant difficilement dans son fauteuil, notre gouvernement a réellement laissé entré dans le pays n’importe qui … »
Dur, très dur retour à la réalité, cet ancien vétéran de l’armée était aussi devenu un homme rageur et non tolérant … il fallait penser comme lui, faire comme lui, et surtout se taire et ne pas le critiquer. Bien sûr, en dehors de la maison, il était Jean, celui que l’on aimait et qui souriait souvent, un sourire si laid, si moche, si … malhonnête … Sa femme, souffrait, souffrait de cet homme qui chaque jour lui reprochait son incapacité à faire de bons repas, à faire le ménage correctement, de toute façon, quoi qu’elle faisait, ca ne convenait jamais, il y aurait toujours une critique à émettre, toujours un reproche.
Elle souffrait physiquement, elle n’avait plus vingt ans, elle souffrait psychologiquement : comment quitter le seul homme qu’elle avait connu ? Et comment partir maintenant à son âge et pour aller ou ? Un amour basé sur la peur, sur la honte, sur l’incapacité à partir, le manque de franchise de chacun, un amour qui est mort depuis toujours …
La joie … la bonne humeur … l’endroit rêvé pour oublier ces soucis …
Que dire ?

Seule, assise dans le noir, les volets étaient clos alors que dehors, la lumière de l’astre roi battait à tout fondre. Elle était assise en tailleur, penchant d’avant en arrière son buste et secouant frénétiquement sa tête. Elle n’était plus sorti depuis longtemps, elle n’en avait plus l’envie, ni le courage. Pas envie de parler, pas envie de rire, juste de rester seule, seule dans le noir de sa maison à attendre le retour de son mari, de celui qu’elle avait aimé. Elle errait sans but dans les couloirs, ne cherchant même plus à lever un pied pour marcher. Ces derniers glissaient sur le carrelage avec un petit bruit lourd et entêtant. La tête baissée, elle ne prenait plus le temps de se regarder dans le miroir, elle ne prenait plus le temps de manger pourtant son estomac criait famine. Sa nourriture ? Les reniflements, les ongles et la peau de ses doigts qu’elle mangeait avec la même force que lorsque toute petite elle était triste et en pleine dépression. Son passé si étrange reviendrait-il à la charge ?
Le passé nous rattrape toujours un jour …

Elle ravale une dernière goutte, ces larmes qui coulent sur ses joues elle s’en saisit de sa langue. Le fruit de sa tristesse, nourriture de son amour, de celui qu’elle a aimé. Voilà ce qu’il lui laisse ! Elle remonte dans la chambre, son regard croise le sien ? Quelle vision ? Ce n’était pas elle, cela ne pouvait être elle ! Sa chevelure autrefois d’or et si bien arrangée n’était donc qu’un vague souvenir. Sa peau si belle et si attendrissante à la couleur légèrement rosée s’était maintenant teintée de bleue … Le bleu de ses yeux avait maintenant déteint sur sa peau.

« Tu as de beaux yeux, lui avait-il dit un jour. »

Elle ignorait cependant qu’il souhaiter étendre ce bleu a tout son corps meurtri par les coups portés à son encontre, un corps qui servait plus d’objet de détente à ce qui fut son homme, objet maintenant de toute nature, elle était à la fois punshing ball, objet sexuel, cuisinière, elle était aussi la paye de son mari quand des amis venaient à la maison et après avoir bu elle découvrait aussi que sa cave était trop bien entretenue …

Leur jeune voisin du 34 de la même rue, avait aimé discuter avec elle, prenant sans cesse de ses nouvelles, il n’était pas un modèle de beauté, mais il avait la beauté du cœur pour lui. Seul, car l’on se fiait d’abord au physique dans ce monde, il avait avec le temps pris le temps de tomber amoureux de cette jeune et joli femme. Mais, elle ne sortait plus depuis maintenant des semaines, cloitrée dans sa tanière. Il partait travailler le matin et jetait un coup d’œil à la maison de la belle au bois dormant. Frissonnant à l’idée de ne pas savoir ce qu’elle devenait et ce qu’elle faisait. Une nuit cependant il avait cru croiser un monstre dans leur jardin, un monstre qui sortait les poubelles, une longue crinière dorée cachant son visage, d’un pas lent, la tête baissée, le monstre était une femme … une femme qu’il aimait, son cœur se serra en la voyant et s’arrêta quand elle leva la tête vers lui, les yeux rougis par les larmes, les joues rougies par les coups portés jusqu’au sang. Il cru un instant qu’elle allait lui sourire, mais se reprit, cachant surement le fait qu’elle n’avait plus dans la bouche cette blancheur de l’émail … mais le rouge des gencives …

Elle était dans la chambre tenant le cadre de la vieille photo de mariage, elle lisait encore dans ce temps un sourire et de la joie dans son regard … mais elle ne prit pas garde au fait que la photo s’était mise à pleurer.

Elle ne vit pas la goutte couler le long de la photographie, vestige d’une époque ancienne, vestige à la gloire d’un rêve éphémère aujourd’hui évanouit … une larme de sang … une larme du cœur, le sang de ses veines, dernier geste inconsidéré, dernière solution pour elle, une fin silencieuse dans une pièce sombre. Elle revit sa vie. Cette longue chute aux enfers, cette longue et interminable descente, ou chaque nouveau coup porté l’éloignaient un peu plus de la vie. Elle était si combattive autrefois, si joyeuse, maintenant, elle le voyait, elle n’avait plus rien, ni le courage, ni l’envie de bouger, incapable de se réveiller, incapable de s’être réveillée et d’avoir vu qu’elle s’enfonçait dans les profondeurs de l’abîmes. Pas de retour possible, pas de solution possible.

Quel superbe cadre de vie … Quelle joie et quel bonheur … quel havre de paix …
Ce soir, c’est elle qui s’éteint dans la pénombre de sa chambre, le poignet ouvert, laissant l’encre âcre teintée de rouge se déverser goutte à goutte sur le lit, sur le cadre d’une photo, effaçant son sourire, effaçant son visage, elle n’était plus, elle était morte. Bruit de fond … âme à la dérive …
Ce soir, c’est elle qui meurt, ce soir, c’est elle qui arrête de pleurer, c’est elle dont le cœur de battre … poupée de cire figée, il pleurera sa femme quand on refermera le cercueil, dur cependant de faire masquer les bleus, dur de refuser d’admettre ce que l’on a fait. A jamais il sera pris dans la tourmente.

Non loin de là, à quelques maisons du lieu du drame, une petite fille prie, elle prie Dieu pour qu’Il l’entende et réalise son vœu. Elle rêve la petite, elle rêve d’un monde meilleur ou ses parents ne s’engueuleraient pas, elle rêve du jour ou ses amies arrêteront de se critiquer les unes les autres, elle rêve du jour ou les Hommes seront enfin unis, se parleront en toute amitié et en toute franchise, elle rêve du monde idéal sans souffrance, sans larme, sans cris, sans pleures, sans injustice, sans défaut …
Dieu entends-Tu sa prière ? Es-Tu si miséricordieux ? Que fais-Tu ? Pourquoi n’agis-tu pas ? Laisseras-Tu tomber ta création dans une telle décadence ?
Elle prie … Elle prie … A genoux, les mains discrètement jointes, elle n’entend pas la porte se refermer derrière elle, mais elle sent les larmes qui coulent le long de ses joues et les mains de l’arrivant glisser sur sa poitrine.

Elle prie … pour un monde meilleur, sans souffrance, sans douleur, sans …

_________________
Main de fer dans un gant de fer.

Primum vivere dein de philosophare.


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 MessagePosté le: Mer 3 Oct - 15:37 (2012)    Sujet du message: Publicité

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